La Coupe aux (toutes) petites oreilles

Coupe des Libérateurs – Copa Libertadores

L’idée de cette compétition voit le jour à la fin des années 1950, notamment pour présenter un adversaire au vainqueur de la coupe d’Europe et mettre ainsi en place une compétition intercontinentale. La première édition se déroule en 1960 et ce sont les Uruguayens de Penarol qui remportent l’épreuve.

La création du trophée a été initiée par Teofilo Salinas, directeur de la Confédération sud-américaine de football. Ce Péruvien a présenté son idée à Don Alberto De Gasperi, responsable de la joaillerie Camusso. Ce dernier a essayé de faire un croquis qui a été rejeté par le dirigeant de la COMNEBOL. Mais à force de propositions, De Gasperi a fini par trouver la forme qui allait convaincre Salinas.

Le haut du trophée évoque bien entendu un ballon mais aussi la Terre, sur laquelle a été ajouté un large ruban au niveau de l’équateur muni de deux petites poignées. Elles deviendront vite dans le langage populaire des oreilles. Il était initialement prévu de graver sur le ruban le nom des vainqueurs, mais le peu de place qu’il laissait a fait changer d’avis ses concepteurs qui y ont inscrit Copa Libertadores. Au-dessus de ce globe se trouve une statuette d’un joueur de football en bronze. C’est la seule pièce du trophée qui n’est pas en argent. Elle est inspirée des trophées que l’on remet dans les championnats scolaires et symbolise la dualité du football, entre le plus haut niveau de ce sport et ses origines.

18 VAINQUEURS PREVUS INITIALEMENT…

Le socle était prévu pour y poser des plaquettes avec le nom des vainqueurs. Chaque club confectionne la sienne ce qui explique que certaines sont en or et d’autres en argent ou en bronze. On trouve sur la gauche de chacun d’elles l’écusson du club et sur la droite l’année du titre, son nom et son pays. Initialement, elles devaient être accrochées sur 3 lignes comprenant chacune 6 colonnes. En 1977, lors du sacre de Boca Junior, toute la place ayant été prise, il a été décidé de resserrer les lignes pour pouvoir en ajouter une quatrième. Six ans plus tard, on a réduit l’espace entre les colonnes pour permettre l’ajout d’une septième. A partir de 1988 et la victoire de l’Atletico Nacional, c’est sur le piédestal que les plaquettes ont commencé à être ajoutées jusqu’en 1994. A partir de 1995, on ne sait pas si le nom des vainqueurs a continué à être ajouté et si oui, où…

2004, LA CHUTE

En 2004, le trophée est grandement endommagé, voire en partie détruit. Suite à la victoire de son équipe Once Caldas, Herly Alcázar l’a laissé échapper de ses mains et il a été à moitié cassé. Les images du tour d’honneur le montrent se disloquer pièce à pièce lors du tour d’honneur.

La restauration a été confiée à la société Alzaimagen, qui collaborait habituellement avec la CONMEBOL pour la conception de ses trophées et médailles. Selon sa directrice Yasna Rojas, le trophée a dû être entièrement refait. Lorsqu’ils ont reçu les restes de la coupe, certaines pièces avaient disparu, comme par exemple le joueur en bronze ou les oreilles. De plus, les pièces en argent étaient pleines de coups de crampons.

Le résultat n’est cependant pas à l’identique du trophée original. Le joueur en bronze, notamment, semble tirer vers la gauche et non pas vers la droite comme initialement. Les oreilles sont aussi un peu plus larges. Tout cela laisse beaucoup de regrets à la joaillerie Camusso qui aurait aimé être chargée de la restauration. Son actuel directeur Fabio Tonani estime que ce trophée aurait dû être réparé par les artisans qui l’avait confectionné. Il reproche aussi un manque de sérieux dans le travail puisque l’une des oreilles s’est vite détériorée.

La restauration du trophée a aussi été l’occasion d’agrandir sa base. Il pourra accueillir le nom des futurs lauréats jusqu’en 2031. Dans un premier temps, ce sont les plaquettes d’origine qui ont été réutilisées. Mais par souci d’esthétique, en 2009, il a été décidé de les uniformiser. Les anciennes ont été retirées et remplacées par des nouvelles, toutes en argent et portant toujours l’écusson, l’année, le nom du club et le pays de chaque vainqueur. Avant chaque finale, deux plaquettes sont préparées et celle du vainqueur est apposée sur le socle avant la remise du trophée.

Aussi incroyable que cela paraisse, lorsque les plaquettes ont été changées, quatre erreurs ont été commises et elles concernent toute le club argentin d’Estudiantes. Pour les titres de 1968, 1969 et 1970, le nom du vainqueur est « Clube Estudiantes de La Plata » (avec un E en trop à clube) et pour celui de 2009 il est inscrit « Club Estudientes de La Plata » (E à la place de A dans Estudientes). Sur une réplique du trophée présentée en 2018 à Moscou, la plaquette de Liga de Quito, vainqueur en 2008, l’indique comme un club péruvien alors qu’il s’agit d’une équipe équatorienne. Cette erreur n’est toutefois pas présente sur le vrai trophée.

REGLES D’ATTRIBUTION

Tout club remportant trois fois de suite le trophée obtient le droit de le garder définitivement. A ce jour, seuls Estudiantes de la Plata (Argentine) pour ses victoires en 1968, 1969 et 1970, et Independiente (Argentine) sacré en 1972, 1973 et 1974 ont eu cet honneur. Un nouveau trophée a donc été mis en jeu en 1971 et un autre en 1975. Pour la petite histoire, Independiente, également vainqueur en 1964 et 1965 (premier trophée) mais aussi en 1975 et 1984 (troisième et actuel trophée) est le seul club a avoir remporté les trois trophées.

Le tenant du titre porte sur son maillot la saison suivante le patch de tenant du titre. Tout club ayant remporté le trophée a droit à un autre patch, à l’effigie du trophée, sur lequel est inscrit le nombre de titres.

FICHE D’IDENTITE

  • Nom du trophée : Copa Libertadores
  • Création : 1960
  • Créateur : bijouterie Camusso (Pérou)
  • Restauration : société Alzaimagen (Chili)
  • Matière : argent, bronze, bois de cèdre
  • Taille : 63 cm + 35 cm pour le socle        
  • Poids : 10,25 kg

SOURCES

Page wikipedia du trophée de la Copa Libertadores (es)

Connaître le trophée Copa Libertadores (es)

Les badges de la Copa Libertadores (es)

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